Archives du mot-clé économie

Budget : des dynamiques paradoxales

[Intervention de Christophe Pommeray, Conseil communautaire du _ mars 2018]

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Je vais borner mon intervention à des considérations d’orientation générale et de vision du budget comme un outil au service des politiques publiques menées par notre agglomération. Mes collègues rentreront ensuite dans le détail.

Première remarque, la vision en perspective du budget de Vichy Communauté montre que nous sommes dans une collectivité en pleine évolution. Deux chiffres : entre le début de ce mandat en 2014 et aujourd’hui nous sommes passés, s’agissant de la totalité des budgets, de 65 millions d’euros environ à un peu plus de 110 presque 111 millions d’euros. Et l’investissement qui était en 2014 de 13 millions d’euros, soit 20% du budget total est aujourd’hui de 44 millions, multiplié par trois, pour une proportion qui double à presque 40%.

C’est dire la dynamique dans laquelle nous sommes. Lire la suite Budget : des dynamiques paradoxales

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Budget : des choix et des non-choix

[Intervention de François Skvor – Conseil communautaire du 8 mars 2018]

Dans la droite ligne de mes interventions précédentes et de celles de mes collègues, je voudrai insister sur la nécessité de profiter de l’accalmie économique et budgétaire actuelle pour préparer au mieux l’avenir, bref je voudrai parler d’investissement (INV) et par là de politique économique du territoire.

Ce premier budget de l’ère Aguilera, et notamment son volet INV, signe déjà une manière de politique économique.

En la matière, vous nous inscrivez dans une continuité forte et naturelle, puisque vous arrivez). Vous avancez globalement dans deux directions assez traditionnelles :

  • l’attractivité tous azimuts ;
  • la compétitivité autour d’un pôle et d’une spécialité.

Dans votre budget d’INV 2018, ce sont les berges de l’Allier pour l’attractivité, le plateau d’économie sportive, pour la spécialité. Deux éléments qui vont occuper le cœur de notre stratégie d’INV dans les années à venir.

La combinaison de ces deux stratégies est pertinente, elle apporte de la diversité, de la complémentarité. Mais quels qu’en soient les atouts, elle est de plus en plus fragile et vulnérable, pour toute une série de raisons :

 

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Commerce à Vichy : il est urgent de réagir

‘Ce n’est plus un déficit, c’est un déclin’, tranche l’enquête PROCOS intitulée « Une nouvelle progression de la vacance commerciale des centres-villes en 2015 ». Sur 200 villes de plus de 25.000 habitants en France, elle distingue Vichy parmi les 20 les plus désertées commercialement… Cette réalité, les Vichyssoises et les Vichyssois la vivent en passant, parfois à des endroits stratégiques voire prestigieux du centre-ville, devant des vitrines fermées.

Mais l’enquête va au-delà des seuls chiffres. Elle pointe les deux raisons de ce déclin : la surproduction de surfaces commerciales et la nécessité, pour faire vivre le commerce, d’avoir une économie active. Cela signifie trois choses.

1- D’abord qu’il va falloir choisir : on ne peut pas prétendre soutenir le commerce de proximité, le commerce de centre-ville, et continuer d’ouvrir grand la possibilité de développement des grandes surfaces autour de la ville et même, désormais, en centre-ville.

2- Ensuite que le choix d’une ville qui grandit par l’arrivée de personnes retraitées — le maire s’en flatte régulièrement ! — ne peut pas tenir lieu de politique économique.

3- Enfin que l’on doit soutenir toutes les initiatives, en particulier celles des commerçants eux-mêmes, permettant de maintenir et de développer cette activité, qui est évidemment économique mais aussi indispensable à l’identité d’une ville.

Au dernier conseil municipal, nous avons fait des propositions. Les dernières lois votées donnent aux élus des outils puissants en matière d’urbanisme commercial, utilisons-les ! Et à moyen-terme, il est indispensable de « remettre de l’économie » dans notre ville. Cela signifie s’ouvrir aux entreprises, ne pas les faire attendre, ne pas les laisser partir vers la métropole, souvent plus réactive. Cela signifie aussi conclure enfin la cession du patrimoine thermal, enjeu urbanistique et économique, avec la Compagnie de Vichy, employeur majeur du bassin dans un secteur d’activité, le thermalisme et la santé, qui peuvent demain constituer la clef de voûte d’un fort développement.

Disons-le : à ces propositions nous n’avons pas eu de réponses. Ou plutôt si, celle de l’adjoint au commerce, lui-même investisseur brillant mais que, visiblement, ces questions embêtent…

Marie-Martine Michaudel, Isabelle Réchard, Marianne Malarmey

Christophe Pommeray, François Skvor

Fermeture du casino des Quatre Chemins

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Sur cette question sensible et délicate, nous comprenons le principe de la suppression de cette délégation de service public (DSP).

Cet établissement, à cet emplacement, est structurellement déficitaire, frappé de plein fouet par la crise économique et la crise du jeu. Il a peu à peu supprimé des emplois ces dernières années. Sur cette DSP, la Ville a perdu près de la moitié des rentrées fiscales qu’elle percevait à l’origine, en 2000.

Aussi,

  • entre le risque que personne ne donne suite à cette délégation l’année prochaine et donc que ce casino ferme brutalement ses portes (avec les conséquences que l’on peut imaginer),
  • et celui de l’arrivée d’un concurrent au groupe installé ce qui, sur un marché des jeux en net repli, assécherait et fragiliserait l’activité des deux casinotiers et ce faisant des recettes pour la Ville,

entre ces deux risques donc, nous soutenons le principe de la fin de cette DSP et du recentrage de l’activité jeux sur un seul casino, quant à lui viable à Vichy.

Cependant, nous avons des inquiétudes, non pas sur le principe, mais sur les modalités et les conséquences de cette décision : il demeure aujourd’hui trop de questions restées sans réponses, trop d’incertitudes à lever quant à la transition vers la fin de cette DSP :

  • A commencer par les lourdes incertitudes qui peuvent demain peser sur l’avenir du personnel de ce casino des 4 Chemins, soit près de 40 personnes.

  • Incertitudes ensuite, quant au projet à nos yeux complémentaire, de développement du casino du Grand Café, qui peut et doit être d’ailleurs une réponse aux attentes de ces mêmes salariés. Et en tant que concessionnaire, la Ville a un rôle crucial à jouer, de vrais leviers à actionner.

  • Interrogations encore sur le devenir de cette aile du Centre Commercial des 4 Chemins, et plus généralement sur l’avenir urbain et commercial de ce cœur de Vichy.

  • Interrogations, enfin, quant au rôle que pourrait jouer le groupe Partouche, aux côtés de la Cie de Vichy et de la Ville, dans la future ou prochaine cession du Parc des Sources.]

Nous ne pouvons pas penser que la Ville ait décidé de prendre une telle décision sans s’être donnée des garanties sur l’ensemble de ces questions. Mais nous manquons aujourd’hui cruellement d’éléments, d’informations et de garanties dans ce sens.

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Mandat local, mandat crucial

Les élections municipales et européennes auront été deux sérieux coups de semonce pour notre démocratie.

La victoire de l’abstention révèle une profonde défiance des électeurs envers la classe et la chose politiques. Cette défiance et cette indifférence font le ferment de fantasmes et de peurs aisément manipulables. Nous ne pouvons nous y résigner.

Le divorce entre les Français et leurs gouvernants est redoutable. Mais là ou croît le danger, dit-on, croît aussi ce qui sauve. Aussi avons-nous, à notre modeste échelle, des réponses à faire valoir dans notre commune.

Et à Vichy, nous irons les puiser dans ce qui constitue le cœur de notre engagement :

Exemplarité dans l’exercice de nos mandats, et ce, quelles que soient nos responsabilités.

Exigence du vivre-ensemble pour lutter contre le sentiment d’abandon et renouer, quartier après quartier, tous ces liens entre personnes et générations qui font d’une ville ce qu’elle est.

Investissement local pour défaire fractures et injustices territoriales en utilisant au mieux les richesses vichyssoises (hommes, ressources, thermes, savoir-faire…)

Une crise ne va pas sans opportunités. Pour les saisir, nous avons le devoir du travail et de l’audace.

Pierre Gagnière, Marie-Martine Michaudel, François Skvor

Juin 2014