GAZpar

[Intervention de François Skvor – CM 27 juin 2014]

Monsieur le Maire, mes Chers collègues,

Je n’ai pas de difficultés particulières sur cette délibération; je ferai quelques remarques cependant :

1- Il s’agit ici d’installer des relais concentrateurs de données, c’est-à-dire des équipements générant des champs d’ondes électromagnétiques. Cela n’a rien à voir avec des relais de téléphonie mobile. Ils reçoivent les données des compteurs individuels via des ondes radio et émettent une fois par jour en gprs (comme un téléphone mobile) vers des concentrateurs nationaux. Cependant au vu du nombre important de communications effectuées à l’instant t, l’impulsion risque d’être brève mais le niveau de champ assez élevé.

On l’a constaté lors des dernières AG de quartier, la sensibilité à la question des ondes commence à émerger à Vichy. Il serait prudent de veiller si ce n’est aux implantations déjà décidées, du moins aux heures des signaux journaliers (plutôt le soir ou le matin, quand les équipements concernés ne sont pas occupés). Peut-être serait-il sage également de communiquer là-dessus pour couper court aux rumeurs et aux fantasmes divers.

2- Deuxième remarque, la maîtrise des données : sur ce système de compteurs intelligents envoyant les données à un opérateur national, je vois deux enjeux à terme  :

  • celui de la protection des données privées de nos concitoyens : mais c’est une problématique plutôt nationale
  • par ailleurs, la réutilisation des flux de données énergétiques aujourd’hui centralisées et confiées à un opérateur national (et restituées aux particuliers via Internet). Une Ville comme Vichy, concédant du réseau de gaz et donc propriétaire n’aurait-elle pas intérêt à terme à disposer des données relatives à son propre réseau ? Et finalement à préférer un retour gracieux et exploitable de ses propres données à une redevance de 50 euros par site ?

La transition énergétique passe, on le sait, par une utilisation fine et locale de nos ressources énergétiques, d’une énergie intelligente. C’est un débat plus large, mais il faudrait pour cela doter le territoire, ou la plaque urbaine, d’une ambition numérique, non seulement dans l’accès mais aussi dans l’utilisation des données.

3- Enfin, le dispositif Gazpar prévoit de remplacer quelque 11 millions de compteurs d’ici 2022. Le marché du recyclage des vieux compteurs est ouvert. Peut-être y a-t-il là une opportunité pour une exploitation locale de ce nouveau gisement de recyclage.

14 nouvelles caméras à Vichy

[Intervention de François Skvor – CM 27 juin 2014]

Monsieur le maire,mes chers collègues

Vous ne serez pas surpris – étant données nos positions respectives sur le sujet – mais nous voterons contre cette délibération.

Il ne s’agit pas, je le souligne, de refuser une technologie en soi, mais plutôt son utilisation. Je ne nie pas que la videosurveillance (je préfère ce terme à celui de video protection) puisse avoir son utilité dans certaines configurations :

– dans la gestion des flux / surveillance des espaces ouverts traversés par des flux, et ce, en termes de prévention des blocages, embouteillages, des cohues, des mouvements de foule…

– dans la gestion d’espaces clos / de recoins / impasses échappant aux regards et qui, en ville, peuvent servir de points d’appui à des trafics ou des incivilités de toutes sortes [cela étant, la caméra en l’occurrence sécurise moins qu’elle ne déplace le problème].

Donc en la matière, comme en bien d’autres, il est bon de se garder de positions trop rigides.
Mais cela vaut dans les deux sens : autant l’opposition systématique à la vidéosurveillance en tant que telle est contreproductive, autant l’extension et son utilisation systématique dans tout l’espace public est à la fois peu efficace en termes de prévention (et pas tant qu’on le prétend en termes d’élucidation),

mais également contreproductive en termes de lien social / de vivre-ensemble : à Vichy nous faisons face à un défi majeur qui est celui de la reconquête du vivre-ensemble. Ceci passe par une reconquête de notre espace public, et l’extension systématique de la vidéosurveillance fait de cet espace public un espace de défiance et de surveillance et non un espace de rencontre et d’échanges, de gestion des différences et des différends.

C’est pourquoi nous restons pour notre part profondément attachés au principe de redéploiement de la police municipale comme à la facilitation de l’exercice de ses missions.

Mission qu’on ne conçoit pas comme une mission de sanction-répression mais de présence, prévention, écoute, mise en garde, finalement une véritable mission de sécurisation dans la proximité.

La caméra, quant à elle, semble plus répondre au sentiment d’insécurité qu’au problème de l’insécurité lui-même : et le problème, c’est qu’en répondant à un sentiment sans s’attaquer à sa cause, on prend le risque de nourrir un peu plus ce sentiment : aussi la caméra appelle-t-elle d’autres caméras.

Je comprends bien qu’en répondant au sentiment d’insécurité, on pose aussi de sérieux jalons pour le bilan d’une action municipale, c’est légitime.

Cependant, sans entrer dans le débat technique et financier, la question qui se pose est double :

– existe-t-il une limite au nombre de caméras déployées ?

– existe-t-il un plafond au surcoût que leur inefficacité globale impose à la collectivité ?

Mandat local, mandat crucial

Les élections municipales et européennes auront été deux sérieux coups de semonce pour notre démocratie.

La victoire de l’abstention révèle une profonde défiance des électeurs envers la classe et la chose politiques. Cette défiance et cette indifférence font le ferment de fantasmes et de peurs aisément manipulables. Nous ne pouvons nous y résigner.

Le divorce entre les Français et leurs gouvernants est redoutable. Mais là ou croît le danger, dit-on, croît aussi ce qui sauve. Aussi avons-nous, à notre modeste échelle, des réponses à faire valoir dans notre commune.

Et à Vichy, nous irons les puiser dans ce qui constitue le cœur de notre engagement :

Exemplarité dans l’exercice de nos mandats, et ce, quelles que soient nos responsabilités.

Exigence du vivre-ensemble pour lutter contre le sentiment d’abandon et renouer, quartier après quartier, tous ces liens entre personnes et générations qui font d’une ville ce qu’elle est.

Investissement local pour défaire fractures et injustices territoriales en utilisant au mieux les richesses vichyssoises (hommes, ressources, thermes, savoir-faire…)

Une crise ne va pas sans opportunités. Pour les saisir, nous avons le devoir du travail et de l’audace.

Pierre Gagnière, Marie-Martine Michaudel, François Skvor

Juin 2014

Économies d’énergie

[Intervention de François Skvor – CM 25 avril 2014]

Monsieur le maire,

C’est une question un peu technique, mais qui, à mon sens, recouvre des enjeux assez forts et politiques pour notre ville.

Il ne s’agit ici que de la prolongation d’un protocole d’accord. Mais comme il parviendra bientôt à son terme ou sera éventuellement renégocié, il est sans doute important de prendre date sur la question de ce dispositif à la fois confus et assez intéressant des Certificats d’Économie d’Énergie [CEE].

Pour rappel, très brièvement, le dispositif des CEE vise les grands opérateurs énergéticiens qui sont obligés de faire un choix :

– soit aider leurs clients à réduire leur consommation et à collecter les CEE correspondants – c’est ce que nous faisons à Vichy

– soit racheter le nombre de CEE équivalent à l’économie d’énergie à laquelle ils sont astreints – c’est ce que font d’autres collectivités qui vendent elles-mêmes leurs CEE.

Il s’agit donc d’un système de marché de droits innovant, pertinent qui peut peser de manière significative dans une stratégie de maîtrise de la demande énergétique [MDE]. Ce qui n’est d’ailleurs pas anodin quand on sait que les charges énergétiques de la Ville de Vichy ont explosé de près de 15% l’année passée.

Les services de la ville de Clermont-Ferrand, par exemple, estiment que les CEE leur ont permis de financer jusqu’à 25 % de leurs investissements en MDE sur la rénovation des toitures des écoles maternelles.

A Vichy nous sommes donc dans le premier cas de figure : celui d’un partenariat avec un opérateur, EDF, qui collecte les CEE en échange d’une contrepartie financière dans les investissements en MDE réalisés par la ville de Vichy.

***

Je souhaiterais m’arrêter sur cette situation avant d’envisager la suite à donner à ce protocole.

La situation vichyssoise sur cette question est celle d’une action tutorée par EDF. Cette situation n’est pas choquante en soi ; nombre de petites et moyennes collectivités ont choisi la formule d’accompagnement avec un opérateur par manque de moyens, notamment humains pour la gestion de ce processus parfois lourd (justificatifs, gestion administrative, etc.)

Ce qui surprend néanmoins – mais peut-être ai-je mal compris – c’est la lettre de ce protocole qui semble reconnaître à l’opérateur certaines prérogatives. Je cite :

« Art.4

La ville de Vichy s’engage à reconnaître à EDF la prérogative de déposer des dossiers de CEE…

s’interdit d’autoriser un tiers, quel qu’il soit (public ou privé donc), à déposer une demande de CEE. »

Il faut noter que la plupart des collectivités dans la situation de la nôtre refuse ce monopole d’EDd sur les CEE.

Cette éventuelle dépendance de la ville envers EdF soulève deux questions :

    • Sur les intentions d’EdF dans sa démarche : l’objectif n’est-il que de récupérer des CEE à bas prix pour s’acquitter au mieux de ses obligations ?
    • La seconde question porte sur l’autonomie de la Ville dans sa politique de MDE, autonomie à laquelle de nombreuses collectivités tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Autonomie qui peut, dans un premier temps, passer par une simple clause de non-exclusivité dans un accord du type de l’existant.

Aussi pour la suite, comme nous nous dirigeons vers la fin de cet accord et vers une troisième génération de CEE, il pourrait être intéressant de faire trois choses :

1- de poser la question de cette clause d’exclusivité, ou d’envisager l’opportunité de mettre en concurrence les opérateurs et intermédiaires en CEE.

2- de dresser un bilan, une évaluation de ce protocole tant sur les plans économique qu’énergétique (à la fois pour la Ville et pour l’opérateur)

3- de se poser la question du choix entre gestion tutorée ou gestion en propre des CEE et donc de la stratégie de MDE de la Ville.

Et là, c’est un débat politique portant à la fois sur les moyens et sur la volonté.

Pour les moyens, l’autonomie de la politique énergétique nécessite deux choses

– un diagnostic de patrimoine et de territoire (genre Plan Climat Énergie, donc pour des collectivités d’une certaine taille, supérieure à la nôtre)

– un service ou une mission dédiés, à mi-chemin d’un service Développement Durable et des Services techniques.

Il va sans dire qu’un tel choix ne serait pleinement pertinent qu’à l’échelle de l’agglomération. Parce que VVA aurait la taille critique pour valoriser le gisement des CEE publics, patrimoniaux, voire même à terme celui des particuliers.

Quant à la question de la volonté sur ces enjeux, on peut se demander s’il existe la volonté d’aborder la question énergétique au sein de votre majorité : s’il existait un adjoint à l’urbanisme et à l’énergie lors du précédent mandat, on peut noter qu’il n’en existe plus, ne serait-ce que dans les titres.

Mais peut-être envisagez-vous de faire émerger à VVA une vice-présidence aux questions énergétiques ?

Cela, je pense que l’avenir nous le dira assez rapidement.
Ce serait en tout cas un signe fort quant à la prise en compte par nos collectivités de l’enjeu énergétique qui n’est autre, vous n’êtes pas sans l’ignorer, que le cœur de la question économique.

Je vous remercie.

Débat budgétaire 2014

[Intervention de François Skvor – Budget 2014]

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Nous abordons ce débat budgétaire dans un contexte national anxiogène mais dans un environnement municipal où les fondamentaux budgétaires de la Ville de Vichy ne sont pas particulièrement menacés, où nos marges de manœuvre ont été conservées si ce n’est améliorées.
Je ne vais pas revenir sur ce qui a été dit en DOB.

Certes, la vigilance reste de mise, notamment lorsque l’État annonce des baisses drastiques de dotation sur les années qui viennent.

Quoi qu’il en soit, nous savons désormais, et depuis quelque temps déjà, à quelle sauce nous serons mangés demain.

La baisse des dotations est entamée depuis des années à Vichy, et on l’a bien compris, c’est en quelque sorte le sens de l’histoire.

Le pouvoir central a construit Vichy et lui a donné son faste. Aujourd’hui, il s’en retire peu à peu, matériellement, juridiquement, financièrement (il n’est qu’à se reporter à l’exemple du Domaine thermal) et c’est à nous, ce sera à nous d’inventer seuls la suite, avec détermination et hauteur de vue.

Dans cette optique-là, ce qu’il faut à notre ville pour en préserver l’identité et le caractère exceptionnels, c’est la force d’un projet de territoire, d’une vision stratégique pour son développement.

Or, c’est un peu là que le bât blesse, car

ni le Débat d’Orientation Budgétaire resté très technique

ni le budget présenté aujourd’hui

ne nous semblent véritablement portés par une vision à moyen ou long terme.

On peut certainement vous laisser le bénéfice du doute en ce début de mandat, en parlant de budget de transition.

Mais pour ce qui est du filigrane des grandes lignes de votre projet de territoire, on reste un peu sur notre faim.
La ventilation de vos dépenses d’investissement révèle un pilotage, certes rigoureux,

mais pas nécessairement en phase avec les défis auxquels nous devons faire face.

Or quels sont-ils ces défis ? A notre sens, ils sont de trois ordres :

  • Défi urbain : il s’agit de reconquérir le centre-ville sur tous les plans. C’est en fait le défi de la densité / redensification urbaine à la fois géographique, énergétique, démographique, sociale.

  • Défi économique : lié au premier, il consiste à recréer de l’activité en cœur de ville, activité économique, commerçante, touristique…

  • Défi territorial (et stratégique), qui est celui de l’arrimage progressif à l’ensemble métropolitain.

Arrimage à gérer en veillant bien à conserver et à affirmer une identité vichyssoise forte, créatrice de valeurs et de vie. Comme à maintenir l’équilibre vital que nous devons entretenir avec les espaces ruraux périphériques du sud de l’Allier, de l’arrondissement et du pays.

Et c’est à l’aune de ces trois défis que l’on peut sans doute tenter de questionner, d’évaluer votre politique d’investissement; et notamment le projet majeur de cet exercice budgétaire, celui de l’aménagement des berges de la rive droite.

Il s’agit certes d’un bel investissement, d’un investissement de prestige, d’un investissement esthétique de tout premier ordre. Et pourquoi pas, en définitive ?

  • Mais au regard du défi urbain de reconquête du centre-ville, nous nous posons un certain nombre de questions.

Comment inscrit-on ces nouvelles berges dans un projet global repensant le centre et ses liaisons avec la rivière ?

Quel projet de reconquête du centre de Vichy, touristique, culturel, économique et résidentiel, sous-tend cet investissement majeur sur les berges ?

Comment enfin relier le centre-ville et les rives sans réfléchir au devenir du parc des sources ? Et par là à l’ensemble des sources et de leur valorisation future ?

Vous provisionnez également des sommes en vue d’une étude sur l’entrée de ville au niveau du pont de Bellerive : sur quelle profondeur considérer cette entrée de ville ? En fonction de quel projet pour le centre ?

  • Au regard du défi économique, ensuite : quel effet de levier cet aménagement aura-t-il sur notre ville, sur son économie ?

Pour parler plus prosaïquement, quel retour sur investissement en attend-on ?

En termes de recettes fiscales et financières comme en termes de développement du territoire et de valorisation de ses richesses ?

  • Au regard du défi métropolitain, enfin.

Certes, il s’agit d’un investissement fort en terme d’attractivité de notre ville. Mais de quoi parle-t-on quand on parle d’attractivité ? D’attractivité touristique, résidentielle ou économique ?

Comment inciter les populations jeunes et actives de l’aire métropolitaine à venir vivre à Vichy ? Certes les nouvelles berges ne les feront pas fuir. Mais suffiront-elles à déclencher l’acte d’installation ? C’est bien la question.

Voilà donc, au-delà des points techniques et strictement budgétaires, l’ensemble de questions et de doutes que soulève chez nous votre proposition de budget.

Mais pour conclure, de trois choses l’une :

  • Soit il s’agit vraiment de pilotage à vue

  • Soit vous êtes sur un budget de transition

  • Soit vous estimez, et sans doute à juste titre, que les orientations stratégiques pour une ville ou un territoire ne se décident plus qu’à l’échelle d’une agglomération. Auquel cas, vous en conviendrez, les responsabilités qui vous incombent, à vous et à votre majorité, sont écrasantes sur ce mandat, tant en termes

de mutualisation,

que de pédagogie

et de décisions structurantes courageuses.

Je vous remercie.

Association de promotion de la liaison RN7 – A 71

[Intervention de François Skvor – Conseil municipal de 25 avril 2014]

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Vous allez sourire, mais j’ai décidé de me présenter à l’élection du représentant de la ville de Vichy auprès de l’association pour la promotion de la liaison RN7 – A 71.

Non pas par provocation, au nom de nos amis, les désormais célèbres crapauds sonneurs à ventre jaune, si chers, d’ailleurs, à Frédéric Aguilera.

Non pas par provocation donc, mais par conviction.

J’ai effectivement la conviction que cette association est d’une utilité réelle, mais largement sous estimée. Je m’explique.

Je pense qu’elle est surtout utile en matière de désengorgement routier de nos ville et agglo. En matière de contournement, donc.

Par désengorgement, j’entends celui des axes routiers saturés de l’agglomération, qui rendent insupportable la vie des riverains. Il s’agit là d’un désengorgement sonore et paysager, et donc environnemental au sens large du terme. Au prix, rappelons-le en passant, d’autres destructions environnementales, plus ou moins mal compensées.

Bref, cette association a déjà le mérite de poser la question du désengorgement automobile et routier de notre milieu de vie.

Mais, et ce sont là les vraies motivations de ma candidature, elle pourrait aller plus loin en posant deux autres questions :

  • celle du désengorgement financier lié au tout routier : ce sont en effet plus de 150 millions d’euros qu’il nous faudra mobiliser à terme pour les contournements et dessertes de notre agglomération.

Ce qui représente plus de 150 millions d’investissements inertes, soit 150 millions de charges brutes liées à l’hypertrophie routière de notre territoire (sans mentionner les charges environnementales associées : pollution, GES, morcellement des écosystèmes, destruction de terres agricoles, etc.).

  • celle du désengorgement mental en promouvant des solutions pérennes à cette hypertrophie routière : sans m’étendre, je pense ici à un pôle logistique de proximité pour l’agglomération, créateur d’emplois locaux, réducteur de nuisances. C e n’est pas comme si notre territoire était dépourvu d’infrastructures de tout premier plan sur cette question, à commencer par l’immense gare de triage de Saint-Germain-des-Fossés, aujourd’hui laissée à l’abandon.

Mais aussi à des solutions de mobilités durables et alternatives, notamment automobiles. Et là encore, ça n’est pas comme si nous n’avions pas sur le bassin de constructeur automobile, sensible aux questions de la future mobilité urbaine.

Voilà, mes chers collègues, très rapidement les raisons d’une candidature tout à fait symbolique mais qu’il me, qu’il nous paraissait important de présenter.

Débat d’Orientation Budgétaire – 2014

[Intervention de François Skvor – DOB 2014]

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

En ce début de mandat et dans la période que notre pays, que nos territoires traversent, il nous semble important de veiller à préserver la qualité du débat public. Et l’on ne peut que vous savoir gré, Monsieur le Maire, d’avoir su éviter l’écueil de toute démagogie dans ce débat.

Si les temps sont difficiles, il sont gros de décisions et d’arbitrages cruciaux, notamment pour notre ville. Aussi devons-nous tâcher d’être à la hauteur des enjeux, apprendre à rester modestes et à tenir un discours de vérité.

– Discours de vérité parce que quoi que nous puissions proférer depuis nos tribunes politiques respectives, le chemin du redressement et de la transition de nos territoires – qu’elle soit économique, énergétique, écologique – est étroit.

Dans toutes les strates de nos collectivités, la chasse aux économies, la recherche de la sobriété et de l’efficacité sont ouvertes. Et tant mieux, parce qu’elles constituent sans doute – en tout cas, à nos yeux de progressistes et d’écologistes – la meilleure façon d’éviter les ajustements brutaux et injustes de ce qu’on appelle l’austérité.

– Tenir un discours de vérité, c’est aussi – et c’est ce qui coûte le plus en politique, puisqu’il faut alors renoncer au registre émotionnel – se garder de tout catastrophisme, fût-il éclairé.

C’est par exemple renoncer au catastrophisme des ratios financiers les moins pertinents. A commencer par celui de la dette par habitant. En effet, que signifie le taux d’endettement par habitant quand la marge d’autofinancement de la Ville reste correcte et sa durée de désendettement plutôt satisfaisante ? Pas grand-chose ; si ce n’est la recherche d’un pur effet statistique.

Renoncer au catastrophisme, c’est encore renoncer à celui – très politique – de la réduction drastique des dotations de l’État.

Certes cette réduction déjà entamée risque de s’accélérer et de nous contraindre à une rigueur budgétaire inédite.

Certes, et comme cela est présenté dans les quatre hypothèses de travail produites par les services de la Ville pour ce DOB, cela induira un déséquilibre marqué dans notre budget de fonctionnement, avec une érosion lourde de notre épargne nette à compter de 2015 et plus encore de 2016. Choc évidemment lourd à absorber dans le temps.

Cela étant, il convient de relativiser : Vichy n’est pas dans la pire des situations pour encaisser un tel choc. Même dans la pire des hypothèses, aucun des indices structurels des comptes de la Ville n’atteindrait, en 2016, les cotes d’alerte normalement retenues pour des collectivités de la taille de la nôtre.

Certes, nous ne serions plus très loin du rouge, la tendance serait grave, mais la situation pas désespérée.

***

Sans catastrophisme inutile donc, qui pourrait être de mauvais conseil, Vichy a des atouts certains qu’elle doit savoir valoriser en ces temps de crise.

Deux chantiers nous apparaissent primordiaux à l’horizon du mandat qui s’ouvre, voire même des premières années de celui-ci :

1er chantier – celui de la rationalisation, de l’intégration, de la mutualisation et de l’efficacité globale des moyens communaux et intercommunaux. Cela ne concerne pas directement le débat qui nous occupe aujourd’hui, mais constituera un levier important pour la maîtrise de nos dépenses de fonctionnement.

2ème chantier – celui de la priorisation des investissements : il nous faudra veiller à maintenir le niveau d’investissement de la ville de Vichy mais en se montrant très exigeant sur le choix des investissements. A très grands traits, il nous faudra privilégier :

  • des investissements réducteurs de dépenses, comme les investissements en efficacité énergétique, à commencer par le patrimoine communal et les écoles. Ces investissements ont l’avantage d’être en partie auto-amortissables via les économies réalisées.

  • des investissements automultiplicateurs, susceptibles de propulser le développement et l’activité du territoire : je pense ici, bien évidemment, au potentiel immense du Domaine thermal qu’il nous faudra bientôt considérer comme un investissement pour ne pas le voir devenir à terme une charge trop lourde pour la commune.

Bref, mes chers collègues, vous l’aurez compris, c’est à cette aune-là, à la fois de sérieux budgétaire, de vérité et de qualité des investissements que nous jugerons de la pertinence des exercices budgétaires à venir et des programmes d’investissement que projettera la Ville.

Je vous remercie.