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Tourisme et culture, l’asphyxie du statu quo

Les beaux jours sont là, Vichy communique et Vichy s’admire. Mais sorti de ce petit jeu narcissique, le néant guette : toujours pas de politique culturelle et encore moins de politique touristique.

A cela deux raisons complémentaires :

La première est la délégation de ces non-politiques à un organisme unique et tentaculaire auquel la Ville verse une faramineuse subvention annuelle – plus de 4 millions d’euros – sans avoir en la matière aucun pouvoir sérieux ni de décision, ni de contrôle. A quand un authentique débat démocratique sur des schémas culturel et touristique à Vichy et son agglomération ?

La seconde raison de cette inertie est historique : longtemps centrée sur ses seules richesses thermales, Vichy se découvre aujourd’hui au coeur d’un territoire à la fois urbain et rural, aquatique et montagnard dont elle concentre toutes les facettes.

Vichy ne se développera désormais qu’au travers de ce territoire qu’elle ne peut plus se permettre d’ignorer. Et cela est notamment vrai en matière culturelle et touristique. Immobilisme ou attentisme, le résultat est le même : nous manquons le train attendu du développement territorial.

– Marie-Martine Michaudel, Isabelle Réchard, Marianne Malarmey

Christophe Pommeray, François Skvor

Tourisme : déroutante saison 2016

[Intervention de Marie-Martine Michaudel – Conseil municipal du 23 juin 2017]

Monsieur le maire, cher-es collègues,

L’office de tourisme et de thermalisme présente sur l’année 2016 un bilan pour le moins mitigé et un chiffre d’affaire plutôt en baisse en tout cas sur des postes importants.

Ce sont – 17 % de chiffre d’affaire pour le Palais des Congrès, moins 20 % pour le Centre Omnisports ; des résultats catastrophiques au second semestre pour le tourisme d’affaire, congrès, séminaires avec une baisse de 60 % enregistrée sur cette période et une perte sèche de 384 000 euros.

Alors, on nous explique que le contexte national voire international est défavorable, que la croissance n’a pas été au rendez-vous, que les attentats ont pu freiner l’activité, que les entreprises sont frileuses, sans doute. Cependant nous pouvons penser que quelque chose cloche dans l’organisation et le fonctionnement de l’OTT.

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Eau potable : anticiper le retour en régie

[Intervention de Christophe Pommeray, Conseil municipal du 23 juin 2017]

Les années se suivent et se ressemblent en ce qui concerne ce rapport local. Une seule inquiétude demeure — je sais qu’elle est celle des services et du concessionnaire — c’est la perte en ligne sur le réseau qui revient à des taux importants : nous perdons aujourd’hui 1000m3 d’eau par jour dans ce réseau c’est-à-dire, par jour, la consommation annuelle de 10 familles.

Après les écoutes pour rechercher les fuites, le concessionnaire prône, sans doute à juste titre, l’installation de débimètres par secteur ce qui pourrait permettre d’isoler ces pertes en ligne.

Plus généralement, nous allons vivre, dans ce secteur, une petite révolution. Rappelons que la loi Notre du 7 août 2015 impose le transfert obligatoire de ces compétences des communes vers les EPCI avec d’ailleurs maintenant des menaces de sanction. Il y a dans la loi et dans les textes qui ont suivi une sorte de sifflet : la compétence eau « demeure facultative jusqu’au 1er janvier 2018 », puis optionnelle entre 2018 et 2020 avant de devenir obligatoire.

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Pour une authentique politique touristique

[Intervention de François Skvor – Conseil municipal du 23 juin 2017]

Monsieur le maire, mes cher-es collègues,

Rendons d’abord à César ce qui appartient à César en notant que depuis 2 ans, l’amélioration sensible de la qualité de ce rapport d’activités nous facilite la tâche ; nous y voyons un tout petit peu plus clair, et sur les activités et sur l’évolution de la conjoncture de notre Office de Tourisme.

Les chiffres que vient de citer ma collègue ne sont bien évidemment que des données annuelles et conjoncturelles, nous en avons conscience. Cela étant, le texte du Rapport comme le choix des mots laissent entendre que nous faisons peut-être face à une situation structurelle. L’impact des attentats lui-même n’est pas invoqué comme raison forte de cette chute.

En 2015, on expliquait les bons résultats par le positionnement de Vichy sur des prestations intermédiaires et de proximité que des entreprises moyennes pouvaient se permettre. En 2016, on pose la question de la capacité vichyssoise face à la concurrence des grandes métropoles, voire même face à celle d’autres villes moyennes.

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Commerces : de l’urgence d’une politique

[Intervention de Christophe Pommeray, Conseil municipal du 23 juin 2017]

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Je souhaite évoquer la subvention à l’Association pour la Promotion Commerciale et Touristique du Centre-Ville de Vichy. Lors de la dernière vague de subventions, le 16 décembre dernier, nous avons été plus loin qu’à l’habitude en s’abstenant puisque les documents prévus à l’article 6 de la convention et notamment «  le rapport de ses activités pour l’année écoulée » n’étaient pas adressés au conseil municipal. J’ai relu le compte-rendu du 16 décembre ; la réponse de la majorité sur ce point est on ne peut plus floue puisqu’on nous y dit trois choses :

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En marche arrière sur les emprunts toxiques

[Intervention de François Skvor – Conseil municipal du 23 juin 2017]

Monsieur le maire, mes cher-es collègues,

Nous ne voterons pas cette décision modificative en cohérence avec notre vote sur le budget 2017.

Par ailleurs, je profite que nous parlions d’affaires budgétaires pour attirer notre attention sur l’une des récentes mesures prises par notre nouveau gouvernement.

Je veux parler du décret Darmanin en date du 2 juin dernier et portant sur les modalités de versement des aides du Fonds de soutien aux collectivités ayant désensibilisé leurs emprunts toxiques.

Ces versements étaient jusqu’à présent répartis « par fractions annuelles égales jusqu’en 2028 ».

Ils seront dorénavant effectués – je cite – « dans la limite des crédits annuels disponibles, jusqu’à une date qui ne peut être postérieure au 31 décembre 2028. »

C’est-à-dire que l’équilibre budgétaire que vous aviez pensé avoir trouvé via cette opération de désensibilisation se voit désormais suspendu au bon vouloir du pouvoir d’État.

C’est une décision prise à la dérobée, en pleine période électorale, c’est une décision scandaleuse.

Cela en dit long sur le respect que ce nouveau pouvoir nourrit à l’endroit des libertés et des collectivités locales. Cela en dit long également sur le risque que vous avez pris en acceptant cette procédure de désensibilisation des emprunts toxiques, aussi bien ici qu’à l’agglomération.

Préserver l’école publique

[Intervention de Marie-Martine Michaudel – Conseil municipal du 23 juin 2017]

Monsieur le maire, chers collègues,

On note une baisse des effectifs dans les écoles maternelles, un risque de fermetures de classes à la rentrée 2019 et une certaine inquiétude pour l’avenir de nos écoles élémentaires publiques.

Force est de constater que pendant que les écoles publiques ont du mal à recruter, l’école Jeanne d’Arc voit ses effectifs s’envoler avec souvent plus de 30 élèves par classe, laquelle école Jeanne d’Arc a ouvert l’an dernier une classe de CP, qui devient un CE1 de plus cette année, et donc à terme on peut deviner cinq classes de plus en élémentaire et ainsi de suite au collège.

Il n’est pas question de raviver la guerre scolaire mais des remarques et réflexions s’imposent : la ville n’est évidemment pas responsable de la désaffection des parents pour l’école publique au profit de l’école privée.

Au passage, on peut noter quand même, que l’application de la réforme des rythmes scolaires qui effrayait les parents et désorganisait la vie familiale, n’a pas été appliquée dans le privé. On peut également noter que l’école privée n’est pas concernée par la carte scolaire qui distribue les enfants en fonction des secteurs géographiques, contraintes qui, elles, sont imposées à l’école publique.

Si elle n’est pas responsable de cet état de fait, la ville doit rester vigilante dans cette situation, c’est-à-dire, que le choix entre école privée et école publique doit, pour le moins , rester possible et donc il conviendrait de peser dans les décisions de fermeture de classes voir d’écoles pour éviter que certaines écoles publiques qui couvrent, pour le moment, l’ensemble des quartiers ne disparaissent.

Une politique volontariste pour garder les couples jeunes avec de jeunes enfants en centre-ville serait la bienvenue, elle aurait le mérite de redynamiser et de rajeunir la ville et, bénéfice secondaire de sauver nos écoles.

Nous sommes conscients des efforts accomplis et des choix déjà programmés comme la rénovation de l’école Sévigné et la future rénovation de l’école Georges Méchin, nous saluons le choix du thème commun à toutes les écoles : connaissance du patrimoine thermal, ainsi que les efforts faits au niveau des cantines scolaires, etc.

Nous sommes là dans une période de choix cruciaux puisqu’il faudra que vous décidiez, durant cette année scolaire, de la poursuite ou pas de l’application de la réforme des rythmes scolaires, nous avons beaucoup entendu dire que l’application de cette réforme coûtait cher à la ville.

Que comptez-vous faire et comment ?