Vichy : nouveau maire pour nouveau projet

[Intervention de François Skvor – Conseil municipal du 6 octobre 2017]

Monsieur le président, mes cher-es collègues, mesdames et messieurs,

Je voudrais au nom du groupe Vichy Ensemble, présenter la candidature de Christophe Pommeray au poste de 1er magistrat de notre ville.

Je voudrais également en quelques mots, et avec l'art de la concision qui me caractérise, éclairer les raisons de cette candidature.

Notre ville connaît en effet une période de basculement historique fort.

Le 6 août 1967, Pierre Coulon disparaissait brusquement. Exactement 50 ans et deux mois plus tard, notre conseil s'apprête à élire un nouveau maire. C'est un cycle qui s'achève, comme bien d'autres auparavant dans l'histoire de notre ville.

Il y eut celui de la fondation, au milieu du XIXe, celui du baron Lucas. Puis celui de l'apogée thermale qui suivit la seconde campagne de construction de notre ville ; période dont l'exubérance insouciante se résume au mieux dans la personnalité fantasque de Louis Lasteyras, maire républicain, radical et radical-socialiste (mais dont je ne doute pas, à son excentricité, de l'inspiration écolo-libertaire). La seconde guerre mondiale et le régime de Pétain mirent brutalement fin, et pour un temps, à cette insouciance. Un autre cycle s'ouvrit plus tard avec Pierre Coulon, l'amorce du déclin thermal et de la diversification économique, poursuivie jusque sous le mandat de Claude Malhuret.

Aujourd'hui nous le pressentons tous, c'est un nouveau cycle qui s'ouvre dans l'histoire de notre ville. Celui d'une indépendance, d'une autonomie que notre passé a toujours jalousement refusé à Vichy.*
J'en veux pour preuve trois choses :
  • D'abord les désengagements successifs et futurs de l’État – de cet État qui a fondé notre ville -,
  • ensuite la vulnérabilité inédite et croissante de nos territoires – c'est d'ailleurs la grande leçon de la crise de 2008 dont nous sortons à peine - ,
  • et enfin l'ampleur des crises écologiques qui nous attendent et au fil desquelles nos ressources naturelles vont gagner le prestige de ressources vitales.
Ce sont toutes ces raisons qui poussent aujourd'hui Vichy et son territoire à prendre son envol, à devoir s'émanciper de tutelles encombrantes. Et tout simplement à devoir dire qui nous sommes, nous Vichyssoises et Vichyssois, à donner un sens à notre avenir commun. C'est-à-dire à assumer notre passé, chose à Vichy, sans doute plus ardue que dans toute autre ville.

Ce passé, cet héritage de notre ville revêt divers visages, symbolique certes, mais aussi patrimonial et économique.
Assumer ce passé, c'est déjà en supporter les coûts, les charges héritées, parfois démesurées au regard de nos moyens actuels : parmi elles, le Domaine thermal, bien évidemment, enjeu parmi les enjeux. Ce Domaine thermal dont la perspective de la cession résume à elle seule la difficulté de la tâche à accomplir pour racheter notre coûteux héritage, développer et valoriser nos propres ressources. Sur cette question, l'expérience acquise au fil des années, les compétences et l'engagement total de Christophe Pommeray ne sont plus à démontrer. 
Au-delà des thermes et du patrimoine architectural de notre ville, nous avons à gérer ce que Pierre Coulon nous a légué et dont le simple entretien risque, dans les années qui viennent, d'absorber la plus grande part de notre effort d'investissement.
La question qui se pose alors est de savoir comment assumer l'ensemble de ces charges sans négliger l'avenir et toutes les promesses que recèle ce passé. Le passage est étroit et nul doute qu'il y faudra de l'imagination, de la finesse ainsi qu'une résolution forte dans les actes et les choix. S'il n'est nulle charge qui ne puisse trouver de levier, la tâche est ardue, le chantier, immense et nous avons à créer et à mettre en œuvre une authentique et inédite stratégie de développement économique, commercial, urbain et territorial.


Assumer ce passé enfin, c'est en surmonter le poids symbolique, apprendre à retisser les fils du destin par-dessus les traumas trop connus du passé vichyssois et quelque part, renouer avec l'avenir, l'enfance et la jeunesse, inventer des politiques éducative, universitaire et culturelle ambitieuses qui doivent devenir l'une de nos priorités pour les années à venir. Là encore, de par son passé et ses engagements, nul plus que Christophe Pommeray n'a réfléchi et nourri le débat de propositions fortes sur ces thématiques.


Monsieur le président, mes cher-es collègues, ne nous leurrons pas, dans la période qui s'ouvre, la partie sera difficile. Difficile pour tout le monde, car nous ne sommes pas véritablement préparés à ce qui s'annonce. 
Nous aurons avant tout besoin de sang-froid, de discernement et d'agilité. Comme d'une vision et d'un projet charpentés, susceptibles de donner le sens qui manque parfois tant à nos débats politiques.
Nous avons surtout, mesdames et messieurs, à gagner la bataille du sens, bataille pour laquelle Christophe Pommeray est aujourd'hui à nos yeux le candidat le mieux armé.

Je vous remercie.
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