Démission de Claude Malhuret

[Intervention de Christophe Pommeray, Conseil municipal du 29 septembre 2017]

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Vous savez bien monsieur le Maire que ces périodes de démission un peu forcée sont le moment d’éloges infinis voire démesurés, dont la sincérité — nous avons les uns et les autres, de la mémoire — pourrait parfois être chahutée. Pour ma part, je vais tenter de ne pas me départir de ma franchise habituelle et comme disait le Figaro de Beaumarchais : sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. Je vais donc d’abord user de la première de ces facultés.

Pour vous dire, vous redire, au moment où vous allez quitter ce siège, que je mentirais si je vous expliquais que j’ai aimé votre politique. Nous avons sur le développement de notre ville, des divergences ; vous nous avez fait, en presque trente ans de mandats, une ville à voir ; j’aurais préféré que Vichy devienne une ville à vivre. Vous avez fait vôtre l’augmentation de la population en feignant de pas saisir que le solde migratoire favorable — plus d’habitants qui arrivent que de d’habitants qui partent — cachait dans sa structure une forme de poison : ceux qui partent sont jeunes, ceux qui arrivent sont âgés, et que nous allions donc vers un solde naturel à terme défavorable sans parler des conséquences économiques de ces mutations.

Et puis il y a deux dossiers que vous n’avez finalement pas voulu régler. D’abord la cession du domaine thermal. Je concède que le dossier soit complexe mais il a connu, à certains moments, des alignements de planètes que vous auriez pu saisir en particulier quand tous les acteurs potentiels et décisionnaires de ce dossier vous étaient connus, voire familiers pour certains.

Et puis il y ensuite la question de la mémoire de la deuxième guerre mondiale à Vichy. Vous étiez sans doute le premier maire à pouvoir régler cette question ; d’abord parce que votre année de naissance vous exonérait en quelque sorte et qu’au surplus, vous ne pouviez pas être un seul instant soupçonné d’une quelconque sympathie à l’endroit de l’idéologie qui avait présidé à l’arrivée de ce régime dans notre ville.

Voilà trois regrets. Ils ne vous surprennent pas puisque je viens, à grands traits, de dessiner à nouveau, deux lignes politiques opposées.

Bon, il se trouve, puisque nous avons été concurrents aux élections municipales, qu’entre ces deux lignes politiques, les électeurs ont choisi la vôtre – assez largement d’ailleurs, et même à répétition. Pour une fois vous ne direz pas in cauda venenum — (qui s’écrit « C-A-U-D-A » me souffle François Skvor, non pas à l’endroit du secrétariat général, je le précise) — puisqu’il me faut vous reconnaître une certaine habileté politique. Une certaine habileté politique qui vous a conduit à être candidat à beaucoup d’élections — ce qui est aussi mon cas — et à être élu à beaucoup de mandats — ce qui n’est pas tout à fait mon cas. Habileté politique car au fil des années, vous vous êtes présenté avec succès à toutes les élections possibles sauf deux — conseiller départemental et… reine de Vichy ; je précise, si vous étiez tenté, que ce dernier mandat n’est pour l’instant pas touché par la loi sur le cumul, ni dans le nombre, ni dans le temps.

Une certaine habileté politique donc et puis aussi une vraie culture du temps — vu vos écrits, vices et vertu, vous n’aimerez sans doute pas la comparaison, monsieur le Maire — mais il m’est arrivé que votre culture du temps me fasse penser, toutes proportions gardées, à celle de François Mitterrand dont vous avez été le ministre, et qui savait attendre et choisir ses moments. Je le concède, c’est une vraie qualité en politique.

Enfin, je dois vous dire monsieur le maire que lorsqu’on est opposant en politique — et je commence à avoir dans le domaine une certaine expérience — la saveur de l’action a évidemment partie liée avec la qualité de celui à qui vous vous opposez. Et je dois avouer publiquement que sur ce plan là, vous ne nous avez jamais déçu : ni sur la forme — vos qualités de rhéteur sont évidentes — ni sur le fond — vous connaissez vos dossiers, et le cas contraire échéant —car c’est arrivé — vous avez une capacité certaine à en saisir vite la substantifique moelle. Comme me disait Isabelle RECHARD très récemment (là, je lui sens un petit moment de panique car elle se demande celle de ses expressions que je vais citer) : « au moins, Claude Malhuret nous aura obligé à travailler ».

C’est pourquoi, monsieur le maire, votre départ nous emplit d’une forme inquiétude puisque l’opposition risque d’être désormais beaucoup moins enthousiasmante. Et c’est donc finalement grâce à vous, à cause de vous dira l’actuelle majorité, nous que nous allons puiser dans nos forces avec l’intention ferme de quitter rapidement l’opposition pour devenir majoritaires.

Monsieur le maire, je vous souhaite, comme premier magistrat redevenu simple conseiller municipal, une excellente fin de mandat parmi nous et vous adresse, avec les réserves que j’ai dites, mes — nos — remerciements et républicain que je suis — que nous sommes — , vous assure de notre respect à l’endroit de celui qui aura servi si longtemps notre ville et ses habitants.

Je vous remercie./.

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