Renoncer à un projet de territoire

[Intervention de François Skvor – Conseil municipal du 16 décembre 2016]

Monsieur le maire, mes cher-es collègues,

Ce PLU (Plan Local d'Urbanisme), nous en avons déjà discuté, ici même, en commission, en réunion. Il n'y a pas forcément grand-chose à en dire, tant finalement les modifications sont techniques, discrètes et pas vraiment politiques.
Il y a sans doute plus à dire de ce qu'il ne contient pas, ou de ce qu'il aurait pu contenir... 

En fait, nous aurions voulu pouvoir vous dire que nous avions besoin d'un projet ambitieux, porteur d'une vision de la ville à 15 ans parce qu'il nous fallait de l'ambition pour tirer vers le haut le projet à venir de PLUi (Plan d'Urbanisme Intercommunal) pour VVA.
Mais nous ne pouvons même pas dire cela puisque aujourd'hui même vous nous demandez de prendre une délibération portant sur le renoncement au passage en PLUi.

Nous en avons déjà parlé en Conseil communautaire, certes et vous connaissez mes positions, je connais les vôtres. Mais à nos yeux, cela reste effectivement un débat majeur. 
Pourquoi majeur ?

Parce que l'ambition en matière de PLU à Vichy l'imposait à VVA qui l'aurait alors affichée face à Clermont-Ferrand. Ce même Clermont qui devient Clermont Auvergne Métropole et se lance dans la rédaction – longue- d'un PLUi-HD (Habitat-Déplacement) dès le mois de mars prochain. Juste après avoir acté le premier PLU de toute l'histoire de Clermont-Ferrand, un document extrêmement novateur et politique.

Toute la particularité des PLU nouvelle génération est de faire entrer les villes qui les adoptent dans un nouvel âge de leur urbanisme : elles passent d'un urbanisme statique de la règle, à un urbanisme de projet qui implique tous les acteurs dans une vision partagée de l'avenir de leur ville quant à son  modèle de développement, durable, démographique et économique. En cela, c'est un document politique et économique majeur.  

A Vichy, nous n'en sommes pas là. Vous avez fait le choix de conserver un urbanisme de la règle ; on peut le comprendre.
Mais il faut en peser les conséquences : en renonçant aujourd'hui à la fois à un PLU ambitieux et à un PLUi, nous y renonçons pour plus d'un mandat. Or d'ici là, le voisin clermontois se sera doté d'un outil et de compétences d'urbanisme renforcées. Et si notre ambition métropolitaine est sincère, que nous sommes en mesure d'intégrer la métropole qui se créera bientôt, alors nous passerions immédiatement en PLUi métropolitain sans avoir construit le nôtre. Et sans projet de territoire solide, nous prendrions le risque d'être plus absorbés qu'associés.

Si nous voulons à terme conserver une certaine capacité stratégique et donc une capacité politique d'exister dans cet ensemble, il est impératif de dessiner rapidement un projet de territoire pour notre bassin. Ce qui passe par un PLUi.

Tel n'est pas votre choix, et nous pensons que c'est regrettable.

L'urbanisme actuel est transversal, dépasse le simple champ juridique pour investir les champs politique, social et économique. Faire un PLU ça peut être une façon de dire ce que nous voulons collectivement pour notre territoire, à tous les points de vue.

A cet égard, il aurait été intéressant de réfléchir collectivement à ce que doit être le Vichy de demain. Et nous aurions pu, par exemple, donner trois grandes orientations à notre PLU que ce soit dans le PADD (Plan d'Aménagement et de Développement Durable) ou dans les OAP (Orientations d'Aménagement et de Programmation). 
Nous aurions pu afficher d'une part,
une orientation Ville-santé, autour d'une problématique centrale dans une ville thermale, que ce soit en termes de logement, de déplacements, de qualité de l'air, de zones de fraîcheur ou de dédensification du centre.

Nous aurions pu également réfléchir à une orientation forte autour de la Ville et de la nature, non pas seulement pour rajouter du vert, nous en avons déjà (mal réparti), mais quelque part pour consacrer et graver dans le marbre l'une des intuitions fortes de votre directeur de l'urbanisme, autour des liens à renouer entre l'urbain, ses habitants et les éléments naturels – les eaux, les sols, les sources, l'air...

Enfin, face aux défis qui sont ceux de notre ville, nous aurions aussi pu poser une orientation vers la ville partagée, autour des problématiques de la mixité sociale et intergénérationnelle par quartier, de la mixité fonctionnelle des activités et des services, là encore par quartier (avec la possibilité de mettre en œuvre une vraie politique en direction des commerces, avec tout un travail à mener autour des rapports de l'école et du quartier.
Cela bien évidemment sans oublier de penser à des orientations fortes de secteurs
comme l'écoquartier
ou la quartier central Gambetta / Jean Epinat.

Bref, ce ne sont que quelques pistes de réflexion et je m'arrêterai là. Mais nous pensons vraiment qu'il était possible de se saisir de cette occasion du PLU pour construire autre chose à Vichy. Toujours est-il que ce débat laisse entendre d'une part la somme de travail qu'il nous reste à accomplir, comme l'ensemble des potentialités dont déborde la ville.

Nous nous abstiendrons sur cette délibération.
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s